Votre dossier d'immigration vous appartient. Voici comment le protéger.

Votre dossier d'immigration vous appartient. Apprenez à le protéger : qui peut vous facturer, quoi vérifier et quels signaux surveiller avant de signer.

DÉMARCHES D'IMMIGRATION

MigraWord

5/12/20265 min temps de lecture

Si vous envisagez de faire appel à quelqu'un pour vous aider dans votre processus d'immigration au Canada, cet article est pour vous. Non pas pour vous faire peur — mais pour que vous preniez cette décision avec toute la clarté possible.

1. Seulement trois catégories de personnes sont légalement autorisées à vous facturer

L'article 91 de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés est clair : facturer des services de conseil en immigration sans autorisation constitue une infraction pénale fédérale.

Les seules personnes autorisées à le faire sont :

  • Les membres en règle d'un barreau provincial ou territorial canadien (avocats et parajuristes)

  • Les notaires membres en règle de la Chambre des notaires du Québec

  • Les membres en règle du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CICC)

Toute autre personne qui vous facture pour vous orienter dans un processus d'immigration — peu importe son expérience, sa réputation sur les réseaux sociaux ou les recommandations qu'elle possède — commet une infraction fédérale. Les peines pour exercice non autorisé peuvent atteindre 200 000 $ d'amende et 2 ans d'emprisonnement.

2. Si quelque chose tourne mal dans votre dossier, les conséquences juridiques sont les vôtres

L'article 40 de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés établit qu'une présentation erronée dans un dossier d'immigration peut vous rendre interdit de territoire au Canada. Cela s'applique indépendamment de qui a commis l'erreur ou l'omission.

Selon un reportage du Toronto Star publié en mars 2026, le gouvernement du Canada a demandé à la Cour fédérale le rejet collectif de 430 dossiers de contrôle judiciaire présentés par des demandeurs chinois souhaitant accélérer le traitement de leurs permis. Les dossiers ont été identifiés en raison de leur format, de leur formulation et de leurs coordonnées identiques — signe qu'un représentant non autorisé les avait préparés, bien que les demandeurs se soient déclarés auto-représentés. Le gouvernement a également demandé que chaque demandeur paie 720 $ en dépens. Nombre des personnes concernées ont déclaré ignorer qu'il était illégal de faire appel à ce type d'agent — et qu'elles l'avaient contacté précisément parce que le système de traitement d'IRCC manquait de transparence et que les délais s'étaient prolongés sans explication.

Un an auparavant, 31 demandeurs avaient vu leurs dossiers rejetés et avaient été condamnés à payer 720 $ chacun en dépens, parce que leurs documents contenaient une jurisprudence inexistante.

Dans les deux cas, les conséquences ont été assumées par les demandeurs.

3. Un représentant autorisé signe toujours le formulaire IMM 5476

Le formulaire IMM 5476 — Recours aux services d'un représentant — est la déclaration officielle par laquelle un demandeur désigne son représentant auprès d'IRCC et de l'ASFC. Sans ce formulaire dûment rempli et signé, IRCC ne reconnaît l'existence d'aucun représentant.

Ce que cela signifie concrètement : si quelqu'un vous aide avec votre dossier mais ne signe pas ce formulaire, il n'existe officiellement pas en tant que votre représentant. Si quelque chose tourne mal, il n'y aura aucune trace de sa participation.

Selon la documentation officielle d'IRCC, une fois qu'un représentant est désigné via le formulaire IMM 5476, toute la correspondance officielle — y compris les décisions, les demandes d'informations supplémentaires et les notifications — est adressée au représentant, et non au demandeur.

Si quelqu'un vous propose de vous aider mais indique qu'il ne signera pas ce formulaire, ou évite simplement le sujet, il n'agit pas en tant que représentant autorisé.

4. Vérifier une licence prend 30 secondes

Avant de signer tout contrat ou de remettre de l'argent, vérifiez :

  • Avocats et parajuristes : registre du barreau de votre province ou territoire

  • Notaires au Québec : registre de la Chambre des notaires du Québec

  • Consultants : registre public du CICC → register.college-ic.ca

Le registre du CICC est public, gratuit et indique en temps réel si une licence est active, suspendue ou annulée.

Selon une enquête du Devoir, il existe des cas documentés de personnes utilisant l'identité de consultants légitimes — y compris leur nom, leurs photos et leur adresse — pour offrir des services sur les réseaux sociaux, avec des coordonnées différentes des coordonnées officielles. Une façon simple de vérifier : vérifiez le site web officiel et demandez un appel vidéo. Si la personne refuse systématiquement, c'est un signal qui mérite attention.

Si le nom n'apparaît pas dans le registre, si la licence n'est pas active, ou si la personne ne peut pas vous indiquer son numéro de licence : n'allez pas plus loin.

5. Votre processus d'immigration commence et se termine avec vous

Un représentant autorisé est un soutien technique — pas une garantie de succès, et pas quelqu'un à qui déléguer le contrôle de votre dossier.

Si vous décidez de faire appel à un accompagnement professionnel, assurez-vous que cette personne est vérifiable, responsable, et qu'elle signe là où il le faut.

Pour conclure

Votre dossier d'immigration est l'un des documents les plus importants de votre parcours au Canada. Les informations qu'il contient, les décisions qui l'accompagnent et les personnes qui y interviennent ont des conséquences réelles et durables.

Prendre des décisions éclairées concernant votre processus d'immigration ne nécessite pas d'être expert en droit. Cela nécessite de savoir où vérifier, quoi demander et quels signaux prendre en compte. C'est exactement ce que cet article a cherché à vous donner.

Fuentes

Ricardo Torres | RCIC-IRB Niveau 3 | Licence R731300 MigraWord — Services d'immigration en Espagnol et Français migraword.com

Avis juridique Ce contenu est fourni à titre informatif uniquement et repose sur des sources journalistiques, des analyses juridiques de tiers et la législation canadienne accessible au public. Il ne constitue pas un avis juridique ou en matière d'immigration, et peut ne pas s'appliquer à votre situation particulière. Le droit de l'immigration est complexe et en constante évolution. Ne prenez pas de décisions basées uniquement sur ces informations sans avoir préalablement consulté un membre autorisé du CICC, un avocat en immigration ou un notaire habilité. La lecture de ce contenu n'établit aucune relation de représentation ou de mandat entre le lecteur et MigraWord ou Ricardo Torres, RCIC.